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Dans ma bio, on peut lire que j’ai opté pour le statut hybride pour publier mes romances. J’ai reçu quelques questions à ce sujet, ce que je comprends: on n’est pas toutes au fait du jargon du milieu! 🤓 On dirait que je parle d’une mafia, et finalement, on n’en est pas loin… Je m’égare, pour changer! Cette appellation n’est pas très ancienne, en tout cas en France, et elle remonte à quelques années. Je pourrais te donner une définition que tu peux facilement trouver sur Internet. Je te propose plutôt une rapide analyse du pourquoi du comment c’est de plus en plus populaire. Alors, le statut hybride, c’est quoi? Je te dis tout! Prends une petite boisson chaude ou fraîche et installe-toi ☕️ (je devrais toujours donner ce conseil au début de mes articles!)

Avant le statut hybride : l’édition traditionnelle

 

Pour comprendre le statut hybride, il est nécessaire de rappeler le contexte dans lequel il a emmergé. ⛰

Pendant très très très très longtemps, il n’y a eu que l’édition traditionnelle. Ou presque, parce qu’il y a toujours des exceptions. Mais la quasi-seule possibilité de publier son livre était de passer par une maison d’édition dite traditionnelle.

C’est-à-dire une entreprise qui va vouloir investir sur un manuscrit. Elle va miser dessus au point de le corriger, l’imprimer, le distribuer et en faire la promotion. Je résume grossièrement le rôle de l’éditeur, évidemment. Ce qu’il faut surtout retenir est que tout ça demande de l’argent 💰. Une maison d’édition étant rarement une association à but non lucratif, elle va faire en sorte d’obtenir un retour sur investissement.

C’est là qu’intervient le fameux camembert que j’ai reproduit pour qu’il soit assorti à mon site. Tu peux trouver la version originale en cliquant ici.

Combien gagne un écrivain ?
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Les droits d’auteur en édition traditionnelle

 

Le ministère de la culture est généreux. Car les 8% alloués à l’auteurice ne sont pas toujours atteints. Et, surtout, ils sont à calculer sur le prix HT du livre. Mais tu comprends sûrement pourquoi je parle avant tout d’une entreprise lorsque j’évoque une maison d’édition traditionnelle.

Même si l’éditeurice est passionné.e, si le livre publié ne rapporte pas assez, c’est un travail à perte 📉. D’où les revenus si faibles dédiés à la personne représentant le socle de tout ce commerce. D’où également la sélection si drastique! Certains éditeurices disent recevoir près de 100 manuscrits en soumission par semaine! Tu imagines bien qu’il est impossible d’investir financièrement (et au niveau du temps) dans ce nombre de livres.

Que font les auteurices qui n’obtiennent pas de réponse du tout, ou une réponse négative? Iels se tournent vers l’autoédition. Spoiler alert: ce n’est pas une bonne raison pour choisir l’autoédition ☝🏻. Mais je reviendrai en détail sur ce sujet dans un prochain article. Accroche-toi, on approche doucement mais sûrement du statut hybride!

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Toujours avant le statut hybride : évolution de l’autoédition

 

Des sites d’autoédition ont commencé à arriver sur le Net. Le premier (dans mon souvenir) était Lulu. Un site où, il y a une 15° d’années, on nous disait qu’on pouvait publier son livre pour l’offrir à ses proches. Le but était d’avoir la satisfaction de tenir son texte en papier, et de le vendre ou le donner à sa famille et ses amis 🥰. Moyennant une sacrée somme, car il s’agit d’un imprimeur à la demande. À l’époque, un roman de 350 pages pouvait facilement coûter dans les 35 euros, sans compter les frais de port.

Avec ce type de solution, on a également vu des escrocs se targuer de publier ton livre… contre paiement de ta part. De l’autoédition déguisée en édition traditionnelle, car tout était nébuleux dans la présentation des services 😤. Il s’agit de la plus belle arnaque du genre, elle perdure encore aujourd’hui. Il faut être hyper vigilante quand on démarche des éditeurices. Encore une fois, c’est un sujet que j’aborderai prochainement.

Mais ce qui a réellement changé la donne, c’est l’arrivée du livre numérique 📣, et de la plateforme KDP.

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Quand Amazon a changé le game

 

Petit teasing: Amazon joue un grand rôle dans le statut hybride. Ceci une astuce pour que tu poursuives la lecture de cet article…

La plateforme d’autoédition d’Amazon permet de publier son livre en quelques clics, gratuitement, et de ne payer qu’un pourcentage en cas de vente. Au début, c’était plus complexe que ça en a l’air. Il y avait moins de tutos, moins d’options, et surtout, le eBook n’était pas aussi populaire et démocratisé qu’il l’est aujourd’hui! 👯‍♀️👯‍♀️👯‍♀️

Depuis 4 ou 5 ans environ, cette plateforme a provoqué l’émulation. Que ce soit Lulu cité plus haut, ou des sites comme Librinova et TheBookEdition sont arrivés sur le marchés. Ils sont tous des sites d’autoédition. Ils proposent des services, la distribution des livres, l’impression à la demande, etc. et même l’édition. On arrive avec son manuscrit, et on bénéficie du travail de professionnels sur celui-ci. Contre rémunération, bien entendu. Il n’y a qu’en édition traditionnelle où on n’a pas à payer les frais d’editing, de maquette, etc. 💶

Aujourd’hui, il est bien plus facile et accessible à toustes, même si on n’est pas versé dans l’informatique, de publier son livre. Forcément, ça ouvre des portes! Surtout que la répartition des revenus n’est pas la même qu’en édition traditionnelle.

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Vivre de sa plume en édition traditionnelle, c’est possible?

 

C’est une question qui revient souvent, et je comprends pourquoi on se la pose. La réponse ne plaît pas toujours, mais il est très difficile de vivre de ses écrits (à part en ayant le statut hybride, tu verras!)

En édition traditionnelle, le maximum de 8% que l’auteurice touche sur le prix de vente HT de son livre (grand format, 5-6% pour le poche) est versé 1 à 2 fois par an. Et s’iel a touché des à-valoir (une avance sur ses droits), il faut bien sûr attendre que cette avance soit comblée pour à nouveau toucher des droits. Voici un exemple pour que ce soit plus clair:

✅ Contrat signé avec un éditeur traditionnel ➡️ Versement d’une avance sur droits d’auteurice de 1000 euros

✅ 1° année d’exploitation du livre ➡️ 900 euros de droits d’auteurice sur les ventes ➡️ 1° relevé de droits ➡️ l’auteurice ne touche rien, puisqu’il reste 100 euros avant de combler l’avance reçue (note sur l’avance reçue: l’auteurice n’a JAMAIS à rembourser cette avance de sa poche)

✅ 2° année d’exploitation du livre ➡️ 600 euros de droits d’auteurice sur les nouvelles ventes du livre ➡️ l’auteurice touche 500 euros de droits.

Explications:

En résumé, iel a touché 1000 euros en signant le contrat (ou plus sûrement à la remise du manuscrit), admettons, en mars 2022. On arrête le premier relevé en décembre 2022 (on ne calcule que les ventes entre mars et décembre 2022). Sur ce relevé, on a vu dans notre exemple qu’iel ne touche rien à ce moment, car iel n’a pas vendu assez de livres pour rattraper son avance. On arrête le second relevé en décembre 2023 et il mentionne alors 600 euros de droits pour l’année 2023. 📆

Une fois déduits les 100 euros qui permettent de combler l’avance, la maison d’édition doit donc 500 euros de droits. Si les comptes s’arrêtent en décembre 2023, l’éditeurice a jusqu’en mai 2024 pour régler les droits à l’auteurice, et il n’est pas rare que ça traîne jusqu’en septembre.

Notre auteurice a donc touché 1000 euros en mars 2022 et ne touchera plus rien jusqu’en mai 2024 dans le meilleur des cas, où il gagnera 500 euros supplémentaires.

Tu as 4 heures pour nous dire comment cette personne peut vivre avec ce type de revenus. 🤪

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L’exception de la success story (qui n’a pas besoin du statut hybride)

 

Là, j’en sens venir qui diront “Et Super Star, alors? Elle fait comment?” Premièrement, on ne sait pas tout de la vie des auteurices qui sont dans le haut du top. Deuxièmement, les ventes de ces auteurices sont conséquentes et, sur la quantité, même 8% de droits peuvent permettre d’en vivre. Quant aux à-valoir, ils sont sûrement plus élevés que la moyenne, car on sait déjà que leurs livres vont très bien se vendre. L’éditeurice ne prend plus le risque qu’il prenait en publiant leur première titre. C’est relativement sûr. 🤑

Mais ces success stories représentent une très forte minorité. Dans un article daté de 2018 mais qui doit toujours refléter la réalité, puisque rien n’a été révolutionné depuis, on peut lire que:

1 % des artistes-auteurs (soit environ 400 personnes) touchent des revenus artistiques supérieurs à 225 000 euros en 2018, se partageant ainsi un cinquième de l’ensemble des revenus artistiques de la population affiliée », note ainsi le rapport du ministère de la Culture. On compterait 69 écrivains au sein de ce 1 %

Ce qui veut dire qu’une très petite partie des auteurices gagnent la plus grosse part. Il reste donc à la majorité des revenus médians de 17 500 euros par an. Mais non seulement on a vu que ce n’étaient pas des revenus comme on toucherait un salaire, et en plus ça ne représente que les auteurices affiliés à l’Agessa à l’époque des statistiques. Donc ça n’inclut pas les revenus inférieurs au seuil d’affiliation… Qui eux représentent la vraie majorité. 😅

Tous ces chiffres pour dire qu’il est très compliqué et difficile de gagner un revenu qui permet de se consacrer à 100% à cette activité. Car la vie devient alors précaire, imprévisible et oblige bon nombre à avoir un emploi “alimentaire” à côté.

Pour l’autoédition, c’est un peu plus optimiste, mais pas fingers in the nose non plus! ✍️

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Les revenus en autoédition, ça donne quoi?

 

Les principales différences en ce qui concerne les revenus, entre l’édition traditionnelle et l’autoédition, sont celles-ci:

☑️ En autoédition, on touche ses droits tous les mois

☑️ En autoédition, on touche une plus grosse part du prix de vente du livre

On peut donc envisager plus sereinement et avec réalisme de vivre de sa plume dans ces conditions. Sauf qu’il ne suffit pas d’écrire un livre, de le publier sur KDP, et d’attendre que les revenus tombent. Encore une fois, il existe des success stories prouvant que ça peut se produire. Mais ça représente très peu de personnes, et il ne faut surtout pas s’y fier pour faire des plans sur la comète. ☄️

En réalité, si on veut vivre grâce à ses livres autoédités, j’ai identifié 2 stratégies, à ce jour (en excluant la success story, donc):

1️⃣ Investir dans le marketing pour promouvoir son livre avec des pubs

2️⃣ Publier de manière régulière et fréquentes

En dehors de ces stratégies, qui demandent beaucoup de travail l’une comme l’autre, on ne peut pas être sûr.e de pouvoir vivre des ventes de ses romans. C’est imprévisible, et si on pouvait être certain.e de gagner le jackpot, alors il n’y aurait que des best-sellers et l’édition évoluerait dans un tout autre paysage.

Donc techniquement, que ce soit pour l’édition traditionnelle ou l’autoédition, oui: il est possible de se rémunérer à la hauteur d’un salaire plus ou moins correct. Mais ça ne s’improvise pas, et il n’y a aucune sécurité de “l’emploi” et donc des revenus. 

Là, tu te demandes peut-être pourquoi j’ai survolés toutes ces histoires de revenus dans un article où je suis censée t’expliquer ce qu’est le statut hybride? J’y viens, patience, jeune padawan… 🧘🏼‍♀️

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Alors, le statut hybride, c’est quoi?

 

Le statut d’hybride est une conséquence de la façon dont on rémunère les auteurices, que ce soit en édition traditionnelle ou en autoédition. Voilà pourquoi il fallait que je te présente le tableau, afin de comprendre que je ne sors pas mon explication du chapeau 🎩. Bien sûr, j’aurais pu résumer, mais si tu es comme moi, alors tu aimes bien comprendre pourquoi.

Face à la précarité des deux situations, des auteurices publié.es en édition traditionnelle ont souhaité s’autoéditer. Il y a bien entendu d’autres raisons, comme le besoin de liberté sur tout un tas de décisions pour lesquels les éditeurs n’impliquent pas l’artiste. Mais en substance, on en revient à la volonté de faire carrière, et d’exercer cette activité à temps plein en limitant les risques.

C’est mon cas, bien sûr, sinon mon analyse serait probablement différente, même si je la pense très proche de la réalité. 🧐

Pendant 7 ans, seuls des éditeurs traditionnels publiaient mes romances. Dès la 3° année, j’ai touché des à-valoir conséquents qui m’ont donné l’illusion que j’allais vraiment pouvoir en vivre. Ce fut fugace et une très mauvaise expérience. Suite à ça, j’ai commencé à me renseigner, car il était évident que je ne sortirais pas un salaire de mes droits. Quand bien même j’avais rempli quelques-unes de mes avances, et je touchais donc des droits tous les ans sur plusieurs titres, c’était loin d’être suffisant.

Des amies autoéditées m’ont accompagnée, je me suis beaucoup documentée, et j’ai réalisé qu’en autoédition, je pourrais peut-être faire mieux. Ça a été le cas et j’ai pu me consacrer à temps plein, pendant un moment, à l’écriture. ✒️

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Le mot de la fin sur le statut hybride

 

J’ai opté pour le statut hybride afin de ne pas mettre tous mes œufs dans le même panier. Aussi parce que je souhaite être la seule boss pour certains de mes titres. L’expérience me confirme que c’était le meilleur choix pour moi. Il ne l’est pas pour tout le monde: je ne dis pas qu’il faut opter pour le statut hybride pour vivre de ses romances. Ça demande d’avoir conscience du travail à accomplir 💻, et ça, tous les artisans et chefs d’entreprise le savent.

Quand on est à son compte, on ne calcule pas ses heures

Du coup, pour faire hyper simple, le statut hybride c’est être à la fois en autoédition et en édition traditionnelle. Ouaip, j’aurais pu dire ça dès le début, mais avoue que ça aurait été bien moins fun, comme article!

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