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Pourquoi écrire cet article?

Parce que j’aurais aimé que quelqu’un me dise “ça arrive, c’est OK, ne t’en fais pas.”

Petit point sur le burn out

Cupcakes and co Fleur Hana

Il est important de rappeler que seul un médecin et un professionnel de la santé mentale peuvent diagnostiquer un burn out, qui est une maladie, et ne doit pas être traité à la légère.

En cas de doute, je t’invite à te renseigner auprès de professionnels de santé, et à te renseigner par exemple sur le site de l’INRS

Il y a plusieurs degrés de surmenage professionnel, on ne hiérarchise pas la souffrance, et chacun vit la situation à sa façon. Je ne prétends en aucun cas donner des conseils médicaux, et encore moins diagnostiquer qui que ce soit.

Je m’exprime pour moi, par rapport à ma situation, et cet article n’a pas pour objectif de traiter le sujet de manière exhaustive ou moins complète. Je cherche simplement à être transparente avec mes lectrices et à les aider à comprendre certaines de mes décisions et l’impacte qu’elles peuvent avoir sur mon actualité.

Être autrice hybride, concrètement, c’est quoi?

On dit d’une autrice qu’elle est hybride quand elle est publiée à la fois en édition traditionnelle (lorsqu’un éditeur détient les droits d’exploitation d’un roman) et en édition indépendante (lorsque l’autrice se charge du travail éditorial).

J’ai prévu de te parler des deux aspects de ce statut dans d’autres articles, je vais donc aller à l’essentiel: la casquette de l’autrice indépendante est celle d’une cheffe d’entreprise. C’est être à son compte pour certains de ses romans, et s’occuper de tout ce qui a trait à l’édition.

C’est aussi, si elle le souhaite, et c’est mon cas, avoir une boutique en ligne, proposer des goodies, coffrets, etc., et avoir une gestion comptable ainsi qu’un business plan. En gros, c’est un travail à temps plein, pour peu qu’on souhaite en vivre.

Aujourd’hui, l’écriture me permet de payer des factures, d’avoir un emploi bénéfique pour mon foyer, et de développer énormément de projets qui n’intéresseraient pas des éditeurs.

Oui, mais…

Cupcakes and co Fleur Hana

… un grand pouvoir implique de grandes responsabilités

Être à son compte ne signifie pas “jouer à la marchande”, comme j’ai pu parfois l’entre (et, honte à moi, le dire). Je suis sûre que parmi les lectrices qui lisent cet article, beaucoup savent de quoi je parle.

Être à son compte, c’est penser H24 à son entreprise, à ce qu’on a à faire, ce qu’on pourrait faire, ce qu’on n’aurait pas dû faire…

Être à son compte, c’est possiblement tomber dans le piège de ne pas surveiller ses heures de travail, ne pas savoir compartimenter, ne pas être capable de lâcher prise…

Être à son compte, ce n’est pas devenir entrepreuneuse en un clic (ce que requiert la création de micro-entreprise, à peu de choses près), ça s’apprend. Et bien souvent, ça s’apprend sur le tas, en essuyant des vautrades et déceptions.

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Écrire, l’artisanat artistique

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On a longtemps dit qu’être écrivain était un art. Je ne suis pas d’accord: à mon sens il s’agit à la fois d’un art et d’un artisanat.

Il y a des deadlines à respecter, que ce soit en édition traditionnelle ou indépendant. C’est aussi un art qui s’apprend, ce n’est pas inné. On se forme, on suit un process et on planifie, si on veut en faire son métier.

Le plus difficile est de convoquer sa muse, car elle n’est pas toujours dans le coin au moment où on a besoin d’elle. Faire le bilan comptable, expédier des commandes, répondre aux emails, écrire des articles… Tout ça peut être réalisé, même si la muse est en RTT, ou si on n’a pas la motivation ou l’envie.

Écrire est une autre paire de manches, car si l’inspiration n’est pas là, ben elle n’est pas là. Même si l’envie, elle, est présente, quand ça ne veut pas, ça ne veut pas. Insister et écrire malgré tout, un conseil que je croise souvent, ne me correspond pas, car le résultat est mauvais. Au final, t’es déjà au fond du trou parce que tu n’arrives pas à écrire, mais en relisant ce que tu as pu écrire de pire dans ta carrière, ça revient à se prendre un marteau-piqueur sur la tronche avec un post-it dessus: “Creuse, t’étais pas vraiment au fond, en fait…”

Ingrédient bonus: le burn out

Et ça, c’est un problème d’inspiration classique. Si on ajoute le burn out, ou sans aller jusque-là, un surmenage, une charge mentale de folie, une période compliquée, un cycle assassin etc. : c’est points comptent triple!

Car tous ces états attaquent direct le mental. Sans de bonnes conditions mentales, je ne peux pas écrire. C’est aussi simple et désespérant que ça. J’ai essayé toutes les techniques anti-page blanche possibles et imaginables. Elles fonctionnent super bien lorsque le souci vient d’un blocage lié à l’écriture. Lorsque c’est ton cerveau qui se met en grève parce qu’il n’en peut plus d’être over-sollicité, en revanche, la solution ne viendra pas de là.

Pour sortir de cet état, en ce qui me concerne, je n’ai trouvé qu’une façon de faire qui soit réellement efficace: dire stop.

C’est le premier pas, celui qui me coûte le plus, puisque je déteste m’avouer vaincue et reconnaître avoir besoin d’une pause alors que l’envie d’écrire est présente. Elle me harcèle et veut s’exprimer, mais mon corps ne suit pas.

Pourquoi?

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    S’aimer et prendre de soin avant tout

    Parce que l’étape 2 n’est pas d’attendre quelques heures, quelques jours, et de retenter. Tu penses bien que j’ai déjà testé, et j’ai surtout constater que ça revient à mettre un pansement My Little Poney sur une double fracture ouverte du tibia.
    Si je veux retourner à l’écriture, je dois écouter ce que mon organisme me dit, et quand il n’en peut plus, il m’ordonne de prendre soin de moi.
    Je connais la recette, je l’ai déjà appliquée avec succès. Je suis juste hyper têtue, et je n’ai pas hésité à m’engouffrer à nouveau sur le chemin où se trouvent pourtant des tas de panneaux DANGER.
    Parfois, j’ai l’impression d’être un chaton et de répéter les mêmes conneries en m’attendant à un résultat différent. Alors que non, bien sûr: si tu cours après ta queue, tu ne vas pas d’un coup attraper un trésor… Tu tournes en rond, et le cercle vicieux se referme pépouze autour de ton désarroi.
    Donc oui, je connais les signes qui m’annoncent sans aucun tact que je suis sur le point de mentalement m’écrouler. Ne pas réussir à écrire alors que j’ai mille idées, autant de projets et une envie terrible de développer de nouvelles histoires est un crève-cœur.

    Surtout que la société n’aide pas

    Cupcakes and co Fleur Hana

    La culpabilité m’appartient, personne ne me l’impose. Surtout que je suis entourée de personnes ultra bienveillantes qui prennent plus soin de moi que moi-même.

    Mais ça n’empêche pas cette injonction au bonheur et à l’efficacité que véhicule la société, principalement à travers les réseaux sociaux, bien que pas uniquement. On est en général très douée pour s’imposer une pression sans l’aide de personne.

    Ceci dit, on est à une époque où il faut…

    • … aimer son corps coûte que coûte
    • … positiver quoi qu’il arrive
    • … être reconnaissante de tout
    • … ne pas se plaindre
    • … s’exprimer par l’affirmative
    • … être sur tous les fronts

    Ces injonctions sont pénibles et aggravent un état d’esprit déjà en boule dans un coin avec un pot de Ben & Jerry’s, All by Myself interprété par Céline Dion en boucle.

    En réalité, c’est OK de ne pas être OK et de le dire

    Voilà pourquoi j’ai souhaité te parler de tout ça dans cet article. Il arrive que dans ta vie, des tas de causes échappant à ton contrôle décident de te prendre pour cible, au point où tu te demandes qui a fabriqué une poupée vaudou à ton effigie pour y planter des clous rouillés.

    Mais il arrive aussi qu’on soit responsable d’un trop-plein et toi seule peux décider de renverser la vapeur.

    Et parfois, ton état mental prend les commandes et tu ne peux pas y faire grand-chose. Surtout que, comme me disait une amie qui se reconnaîtra si elle lit ces lignes :

    L’erreur à ne pas faire, c’est de culpabiliser du fait que tu repousses tes sorties, car ça ne va qu’accentuer les effets.

    Donc, non, je ne peux plus écrire pour le moment

     

    Chaque fois que je dois repousser une suite, une sortie, un événement… je culpabilise malgré moi. Je me dis “ce coup-ci, c’est certain, elles vont en avoir marre d’attendre.”

    Et tu sais quoi? Bien sûr que des lectrices saturent d’attendre des livres qui mettent longtemps à sortir. Difficile de leur en vouloir, les éditeurs de romance ont fixé les règles de rythme de publication, et tout le monde les suit, ou presque.

    Mais même si c’est le cas, je me dois de m’interroger sur ce qui est le plus important pour moi? Ma santé, physique et mentale, ou la perte de quelques lectrices?

    Évidemment que je préférerais ne pas les décevoir, et être à la hauteur. Mais pas au détriment du reste. Alors tant pis, je me choisis, j’ose dire que non, ça ne va pas, que oui, ma charge mentale m’écrase, et que je n’arrive plus à écrire.

    Je me rabats sur ce que je peux accomplir durant le planning light que j’ai mis en place, et je prends soin de moi. Parce que je le vaux bien, et toi aussi ^^

      Cupcakes and co Fleur Hana
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